Françoise de Graffigny (1695-1758)

Françoise d’Issembourg du Buisson d’Happoncourt, dite Françoise de Graffigny, est une écrivaine française du Siècle des Lumières, née le 11 février 1695 à Nancy. 
Issue de la petite bourgeoisie lorraine, elle est la fille d’un lieutenant de cavalerie.

En 1712, elle épouse François Huguet de Graffigny, officier de cavalerie. Le mariage est malheureux : son mari se révèle brutal, violent et instable, et finit par être emprisonné. Le couple perd trois enfants en bas âge. En 1723, Françoise de Graffigny obtient une séparation légale, un acte rare pour une femme de son époque, qui témoigne déjà de son désir d’indépendance et de sa force de caractère.

Seule et sans ressources, elle se tourne vers l’écriture pour vivre : elle traduit, corrige des manuscrits et fréquente les milieux lettrés. Elle est accueillie à la cour des ducs de Lorraine, au château de Lunéville, où elle devient dame de compagnie de Mademoiselle de Guise, future duchesse de Richelieu.

Dans les années 1730–1750, elle entretient une correspondance abondante avec le poète lorrain François-Antoine Devaux, qui constitue aujourd’hui un témoignage précieux sur la vie littéraire du XVIIIᵉ siècle. En 1738, elle séjourne chez Voltaire et Émilie du Châtelet à Cirey, un moment décisif dans sa formation intellectuelle.

À partir de 1742, elle s’installe à Paris dans son propre appartement, où elle fonde un salon littéraire très fréquenté. On y croise des écrivains comme Marivaux et Prévost, ainsi que des philosophes des Lumières tels que Rousseau et d’Alembert.

En 1747, elle publie son œuvre la plus célèbre, Lettres d’une Péruvienne, un roman épistolaire qui connaît un immense succès en France et en Europe. Elle écrit également pour le théâtre : sa pièce Cénie (1750) est très bien accueillie.

Françoise de Graffigny meurt en 1758, laissant derrière elle une œuvre marquante et une figure féminine forte, indépendante et emblématique de la vie littéraire du XVIIIᵉ siècle.

Publications

  • Ziman et Zétalé (1744), Conte moral
  • Nouvelle espagnol (1745), conte et fiction d’esprit libertin
  • La princesse Azerolle (1746), conte de fées
  • Lettres d’une Péruvienne (1747), roman épistolaire
  • Cénie (1750), sa première pièce de théâtre, une comédie sentimentale en trois actes.
  • La Fille d’Aristide (1758), pièce de théâtre, une comédie en cinq actes.
  • Aben Hamet (vers 1742–1743, publication posthume), récit d’inspiration orientale


Liens externes